The late Note : Quand est-ce qu’on sait qu’on est bien seul·e ?

Il n’y a pas de moment spectaculaire où l’on se réveille en se disant : “ça y est, je suis bien seul·e”. Ce n’est pas une révélation soudaine, encore moins une victoire criée au monde. C’est quelque chose de beaucoup plus silencieux, de plus intime, qui s’installe lentement, presque sans qu’on le remarque, comme une pièce dans laquelle on finit par se sentir bien sans s’en excuser.

Ce que je sais, c’est qu’il y a une différence entre se sentir seul·e et être bien seul·e. Au début, la solitude a souvent un goût de trop. Trop de silence, trop d’échos, trop d’espace. On s’y débat un peu, comme si on refusait d’admettre qu’elle n’est pas une ennemie. Et puis, un jour, sans que rien de particulier ne se produise, on commence à y respirer plus librement. On s’assoit dans cette présence, non plus comme dans une punition, mais comme dans une pièce que l’on connaît enfin par cœur.

Être bien seul·e, ce n’est pas ne plus rien désirer. Ce n’est pas renoncer à l’amour, à l’amitié, à la chaleur des autres. C’est simplement cesser de confondre la présence des autres avec la permission d’exister. C’est cette lente réconciliation avec soi-même, celle qui nous permet de savourer une soirée en silence, une balade sans conversation forcée, un café qui n’attend personne d’autre pour avoir du goût.

Il y a un moment très particulier , presque imperceptible , où l’on comprend que notre propre compagnie ne nous épuise plus. Ce moment où le silence n’est plus menaçant, où la solitude n’a plus à être justifiée, où l’absence n’est plus vécue comme un rejet mais comme un espace. Et c’est précisément là, dans cette nuance fine et souvent invisible aux autres, que quelque chose en nous bascule. Ce n’est pas un cri de victoire. C’est un soupir tranquille.

Bien sûr, même dans cette paix retrouvée, il reste parfois des soirs où l’on aurait aimé partager une lumière douce ou une conversation qui s’étire jusqu’à l’aube. Être bien seul·e ne veut pas dire être immunisé contre le manque, mais simplement reconnaître qu’il n’a plus le pouvoir de nous engloutir. C’est comprendre que notre monde intérieur ne s’effondre plus dans l’attente.

On sait qu’on est bien seul·e quand la vie cesse d’être en suspens. Quand on n’attend plus qu’une main extérieure vienne légitimer notre propre existence. Quand on se tient dans le centre de soi, avec cette clarté nouvelle qui murmure doucement :“je suis ici, et cela suffit.”

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